Villes à visiter autour de Lyon : 8 escapades urbaines

Huit villes méritent le détour autour de Lyon : Vienne pour ses monuments romains, Saint-Étienne pour le design, Bourg-en-Bresse pour Brou, puis Mâcon, Valence, Chambéry, Annecy et Grenoble. Toutes se rejoignent en train direct depuis Lyon, entre une trentaine de minutes et deux heures de trajet.
Les guides consacrés aux environs de Lyon alignent presque toujours les mêmes villages médiévaux et les mêmes châteaux. Cette page prend le parti inverse : uniquement de vraies villes, avec des rues commerçantes, des musées ouverts toute l’année et une gare en centre-ville. De quoi construire une escapade urbaine sans voiture, même un dimanche d’hiver.
Vienne, la ville romaine aux portes de Lyon
Trente kilomètres au sud, et un autre monde. Vienne concentre un patrimoine antique que peu de villes françaises égalent : le temple d’Auguste et de Livie, l’un des temples romains les mieux conservés du pays, se dresse en plein centre, en accès libre. Le théâtre antique, adossé à la colline de Pipet, compte parmi les plus vastes de France avec ses 13 000 places, d’après l’office de tourisme Vienne Condrieu.
Chaque été depuis 1981, ce théâtre accueille le festival Jazz à Vienne, qui transforme les gradins millénaires en salle de concert à ciel ouvert. Hors festival, la visite se prolonge sur l’autre rive du Rhône, au site gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal, ses mosaïques et ses thermes.
Le trajet ne demande aucune organisation : une trentaine de minutes en train ou en voiture selon l’office de tourisme de Lyon, avec des TER fréquents au départ de Part-Dieu et de Jean Macé. Le sujet des distances est traité en détail dans notre article sur la ville la plus proche de Lyon, qui compare Villeurbanne, Vienne et les communes limitrophes.
Saint-Étienne, la ville design que personne n’attend
Saint-Étienne traîne une image grise dont elle s’est affranchie depuis longtemps. La preuve la plus nette : le 22 novembre 2010, l’UNESCO l’a admise dans son réseau des villes créatives, catégorie design. Elle reste, selon la délégation française à l’UNESCO, la seule ville française distinguée dans cette catégorie.
Trois lieux structurent la visite :
- la Cité du design, installée depuis 2005 dans l’ancienne manufacture d’armes, vitrine des collections et des expositions temporaires ;
- le musée d’art moderne et contemporain, l’une des grandes collections publiques d’art des XXe et XXIe siècles en région ;
- le musée de la Mine, puits Couriot, qui raconte le passé charbonnier de la ville.
La Biennale internationale de design, organisée depuis 1998, rythme la vie culturelle stéphanoise et attire des visiteurs bien au-delà de la région. Des TER directs circulent toute la journée entre Lyon et Saint-Étienne Châteaucreux, la gare se trouvant à quelques minutes de tramway du centre. Une journée suffit pour combiner deux musées et le quartier créatif de la Manufacture.

Bourg-en-Bresse, le chef-d’œuvre gothique de la Bresse
Une seule raison suffit à justifier le voyage : le monastère royal de Brou. Marguerite d’Autriche, tante de Charles Quint, fit édifier cet ensemble entre 1506 et 1532 en mémoire de son époux Philibert le Beau. L’église Saint-Nicolas-de-Tolentin, achevée sur les plans de Louis van Bodeghem, constitue un sommet du gothique flamboyant d’inspiration flamande : jubé dentelé, stalles sculptées, tombeaux de marbre d’une finesse rare.
Le grand public l’a découvert en septembre 2014, quand l’émission de France 2 « Le Monument préféré des Français » l’a placé en tête du classement national. L’effet a été spectaculaire : la fréquentation a bondi de 115 % l’année suivante, à 112 860 visiteurs, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Le reste de la ville se découvre à pied : maisons à colombages de la rue du Palais, halles, co-cathédrale Notre-Dame. Ajoutez une volaille de Bresse à la carte d’un bouchon local et la journée prend des airs de pèlerinage gourmand. Des trains directs relient Lyon à Bourg-en-Bresse en moins d’une heure trente, la gare étant à quinze minutes à pied du centre ancien.
Mâcon, l’escale bourguignonne du val de Saône
Mâcon joue la carte de la douceur : quais de Saône plantés de platanes, façades colorées, terrasses orientées plein sud. La star du centre ancien s’appelle la Maison de Bois. Construite entre 1490 et 1510 d’après Bourgogne Tourisme, cette façade entièrement sculptée passe pour la plus ancienne maison de la ville, avec ses statuettes truculentes qui surveillent la place aux Herbes.
La ville cultive aussi la mémoire d’Alphonse de Lamartine, enfant du pays : circuit urbain sur ses pas, souvenirs au musée des Ursulines, et vignobles familiaux à quelques kilomètres, du côté de Milly-Lamartine. Les amateurs de vin prolongent naturellement vers les appellations du Mâconnais, Pouilly-Fuissé en tête.
Le TER met environ trente minutes depuis Lyon, selon TER Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui place Mâcon parmi les sorties les plus simples à improviser. Sur la route, les paysages du sud de la Bourgogne répondent à ceux du Beaujolais voisin, dont nous détaillons les villages dans notre guide des Pierres Dorées du Beaujolais.
Valence, un parfum de Midi à la sortie du train
Valence marque traditionnellement la porte du Midi : la lumière change, les platanes s’élargissent, les toits s’aplatissent. Le centre ancien réserve deux monuments singuliers. La Maison des Têtes, construite entre 1528 et 1532 par Antoine de Dorne selon Valence Romans Tourisme, fascine par sa façade couverte de visages sculptés, entre gothique tardif et Renaissance italienne.
Second emblème : le kiosque Peynet, un simple kiosque à musique de 1862 dessiné par l’architecte Eugène Poitoux. C’est là que l’illustrateur Raymond Peynet imagina en 1942 ses célèbres amoureux, ce qui valut au petit édifice son classement au titre des monuments historiques en 1982, d’après la Ville de Valence. Le parc Jouvet, en contrebas, déroule ses pelouses et ses bassins vers le Rhône.
Comptez une flânerie de trois à quatre heures pour le centre, la cathédrale Saint-Apollinaire et les côtes, ces ruelles en pente qui grimpent vers la vieille ville. Les trains directs descendent la vallée du Rhône toute la journée, gare de Valence Ville en centre urbain.

Chambéry, la capitale historique de la Savoie
Chambéry fut la capitale des États de Savoie avant Turin, et son centre le proclame encore. Le château des ducs de Savoie domine la vieille ville de ses tours médiévales, tandis que la rue de Boigne aligne ses arcades à la turinoise jusqu’à la fontaine des Éléphants. Ce monument de 17,65 mètres, inauguré en 1838 en hommage au général comte de Boigne d’après l’office de tourisme Chambéry Montagnes, reste le rendez-vous préféré des Chambériens, qui surnomment affectueusement leurs pachydermes « les quatre sans culs ».
La vieille ville se parcourt en levant les yeux, et trois haltes s’imposent en chemin :
- les allées traversantes, ces passages couverts qui filent d’une rue à l’autre entre les façades aux teintes sardes ;
- la cathédrale Saint-François-de-Sales et son vaste décor néogothique peint en trompe-l’œil ;
- les Charmettes, maison où vécut Jean-Jacques Rousseau, à une vingtaine de minutes à pied du centre.
Cette capitale historique s’atteint sans correspondance depuis Lyon, et la gare touche presque le centre ancien. L’étape se combine bien avec Aix-les-Bains et son lac, à quelques minutes de train supplémentaires.
Annecy, la Venise des Alpes au bout du rail
Annecy est la plus lointaine de cette sélection, et sans doute la plus spectaculaire. Le trajet dure environ deux heures par TER direct selon SNCF Connect, un investissement largement remboursé à l’arrivée : canaux bordés de façades pastel, arcades piétonnes, et le lac en toile de fond, réputé le plus pur d’Europe d’après l’office de tourisme du lac d’Annecy.
Le Palais de l’Île, vaisseau de pierre posé au milieu du Thiou, résume l’histoire de la ville : prison, palais de justice, atelier monétaire, il fut classé monument historique dès 1900. Le château d’Annecy, résidence des comtes de Genève, surveille les toits depuis son promontoire.
Trois expériences à ne pas manquer sur place :
- longer les jardins de l’Europe et le Pâquier au bord du lac, face aux montagnes ;
- traverser le pont des Amours au-dessus du canal du Vassé ;
- goûter les spécialités savoyardes dans la rue Sainte-Claire, sous les arcades médiévales.
Une journée bien remplie suffit pour la vieille ville et les rives. Les marcheurs et les cyclistes, eux, réservent une nuit pour la voie verte qui fait le tour du lac.
Grenoble, les Alpes au pied des rues
Grenoble assume un statut unique : une métropole plate, cernée de trois massifs, où la montagne se lit au bout de chaque avenue. L’expérience emblématique reste la montée à la Bastille par le téléphérique urbain, inauguré le 29 septembre 1934, l’un des premiers au monde selon le site officiel de la Bastille. Ses cabines sphériques, les fameuses « bulles » installées en 1976, hissent les visiteurs sur les hauteurs du fort en quelques minutes.
Là-haut, le panorama embrasse la cuvette grenobloise, la Chartreuse, le Vercors et, par temps clair, le mont Blanc. En redescendant, le musée de Grenoble aligne l’une des plus riches collections d’art de province, de Rubens à Soulages.
La ville a aussi été désignée Capitale verte européenne 2022 par la Commission européenne, deuxième ville française distinguée après Nantes en 2013. Concrètement, cela se voit : rues cyclables, tramways omniprésents, parcs réaménagés. La gare, en centre-ville, se relie à Lyon par des trains directs et fréquents.

Quelle ville choisir selon le temps disponible
Le bon choix dépend moins de la distance que du temps réel passé sur place. Voici une répartition simple, testée sur le terrain.
Pour une demi-journée improvisée
- Vienne : monuments romains majeurs, tout à pied depuis la gare.
- Mâcon : quais de Saône, Maison de Bois, déjeuner au bord de l’eau.
- Saint-Étienne : un musée ciblé plus le quartier de la Manufacture.
Ces trois villes tolèrent un départ après le déjeuner et un retour en début de soirée. Si l’envie penche plutôt vers un village de caractère qu’une ville, notre sélection que visiter autour de Lyon en une journée complète cette liste avec Pérouges, Oingt ou Trévoux.
Pour une journée pleine ou un week-end
- Annecy : partez avant 9 h, la ville et le lac remplissent la journée.
- Chambéry : combinable avec Aix-les-Bains pour un week-end savoyard.
- Grenoble : Bastille le matin, musée l’après-midi, terrasses le soir.
- Bourg-en-Bresse : Brou exige deux bonnes heures à lui seul.
- Valence : idéale en étape vers la Drôme provençale.
Le train, le bon réflexe pour ces huit escapades
Toutes les villes de cette sélection partagent un atout décisif : une gare en centre-ville reliée à Lyon sans correspondance. La voiture n’apporte rien, sinon la recherche d’une place de stationnement dans des centres anciens piétonnisés.
Quelques réflexes rendent l’opération encore plus fluide :
- réservez les billets TER en ligne, les tarifs petits prix partent vite sur les créneaux du week-end ;
- visez les premiers départs du matin le samedi, les rames se remplissent dès 9 h vers Annecy et Grenoble ;
- vérifiez l’horaire du dernier retour avant de partir, certaines lignes s’arrêtent tôt le dimanche ;
- combinez deux villes proches sur un même axe, comme Chambéry et Annecy, pour rentabiliser un abonnement ou une carte de réduction.
Prochaine étape : choisissez une ville dans la liste, bloquez une date dans les quinze jours et réservez l’aller-retour dans la foulée. Pour élargir encore le champ des possibles à moins d’une heure de trajet, parcourez notre panorama des escapades à 1h de Lyon, qui ajoute châteaux, vignobles et sites naturels à ces huit destinations urbaines.
